Ce matin, en sortant de chez moi, guillerette ou presque pour me rendre au fameux café d’en bas , à peine passé la grille qui sépare la cour de mon immeuble et la rue, aperçois-je un camion de pompier tout gyrophares dehors, grande échelle, une dizaine de pompiers, autant de flics, des passants interloqués etc. A droite: une portion de ‘mon’ trottoir interdite à la circulation et pas mal de gens, de l’autre côté de la rue, regardant en l’air et pointant du doigt vers le toit de l’immeuble.
J’ai eu comme un frisson d’appréhension, après m’être assurée qu’il ne s’agissait pas d’un énième tournage de film ou de publicité pourrie, – mais aussi légèrement influencée par mon monde parfois un peu perché par les idées noires d’un roman de Nick Horby - dont je parlais ce matin, en priant le dieu auquel je ne crois pas pour que personne ne soit debout sur le toit dans l’idée de vouloir faire le grand saut.
Il n’a heureusement fallu que quelques minutes de plus pour analyser objectivement la situation et se rendre compte, en respirant un grand coup et levant les yeux doucement, de la menace qui pesait sur cette scène incongrue : des énormes stalactites de glace décoraient, ma foi plutôt joliment, toute la bordure du toit et auraient éventuellement pu, en cas de ‘pas-de-bol-du-tout-dans-la-vie’ embrocher le quidam germanophone…
Grâce à une petite action furtive mettant en scène un allemand qui a bravé le ruban en plastique menaçant qui délimitait la zone interdite fin du mythe "les allemands respectent toujours les règles" sous vos applaudissements, j’ai cru comprendre que l’exagération des médias en termes de neige et d’hiver cette année qui semblent vouloir surpasser le thème de la grippe A soit dit en passant, n’exaspère pas que moi.
Cet homme d’un certain âge, repris en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, par les policiers sur le qui-vive, leur a lancé agressivement "c’est pas votre putain de neige qui va m’empêcher de marcher sur le trottoir!"
CQFD



