Archive | novembre, 2009

Ironie du sort

30 Nov

Hier soir, j’ai laissé un commentaire chez Mrs Clooney en évoquant Renaud.

Oui oui, ce chanteur d’une autre époque qui approche la soixantaine dangereusement.

Je l’ai évoqué, un peu nostalgique il faut dire, en expliquant qu’écouter ses vieilles chansons, encore aujourd’hui – même si bien moins souvent qu’à 13 ans, quand je chantais à tue tête ce langage chartier dixit ma mère qui ignoraient la porte fermée de la chambre de mes frères qui l’écoutait à fond les ballons – m’apaise oui, c’est bizarre j’en conviens. Cela me donne l’impression d’être toujours moi, en fait. Comprenne qui peut…

Après avoir laissé ce commentaire, je me suis dit que j’aimerais poster les paroles d’hexagone, qui après vérification, date de 1975 pinaise, car quelque chose me disait que cette chanson énervée ne devait pas avoir trop mal vieilli. Je ne pensais pas être autant dans le vrai.

En me perdant un peu sur les ondes de l’internet mondial à son sujet, je m’aperçois qu’il est passé sur les tubes cathodiques français oui je suis en mode obsolète ET je déteste ces énormes écrans plats immondes qui inondent les foyers il y a quelques jours, donc je me pointe à la porte de canalplus.fr et PAF.

Bon, ce n’était pas un secret, sacré coup de vieux, voix claquée en même temps il a jamais vraiment eu de voix boboïsé etc…

Le temps passe, comment ça j’ai pas inventé l’eau chaude sur ce coup là?.

Le temps passe, oui, il n’est plus vraiment le même, ni même ses chansons, « arrêter la clope » ou « Ma blonde » n’étaient vraiment pas de bonne augure, et si ce n’était que ça…

MAIS

Il m’a touché, depuis on va arrondir à 17 ans, depuis la préadolescence et jusqu’à ce jour. Les bons vieux albums m’ont fidèlement accompagnés au fond du sac à dos dans les quelques pays où j’ai vécu, comme unique objet toujours présent, là à côté du petit album photo des proches & Co. Il a été ainsi mon compagnon de voyage, un repère plein d’humour ou de sérieux, malgré sa voix pourrie et sa musique…@$&%…, où que je sois. Parce que j’ai aimé ses textes, sa sensibilité et son côté définitivement humain.

Alors pour le plaisir, pour la nostalgie, pour énerver ceux qui le detestent, pour rire ou pleurer d’ailleurs, un petit extrait d’une époque révolue?

Ils s’embrassent au mois de Janvier,
car une nouvelle année commence,
mais depuis des éternités
l’a pas tell’ment changé la France.
Passent les jours et les semaines,
y a qu’le décor qui évolue,
la mentalité est la même :
tous des tocards, tous des faux culs.

 

Ils sont pas lourds, en février,
à se souvenir de Charonne,
des matraqueurs assermentés
qui fignolèrent leur besogne,
la France est un pays de flics,
à tous les coins d’rue y’en a 100,
pour faire règner l’ordre public
ils assassinent impunément.

Quand on exécute au mois d’mars,
de l’autr’ côté des Pyrénées,
un arnachiste du Pays basque,
pour lui apprendre à s’révolter,
ils crient, ils pleurent et ils s’indignent
de cette immonde mise à mort,
mais ils oublient qu’la guillotine
chez nous aussi fonctionne encore.

Etre né sous l’signe de l’hexagone,
c’est pas c’qu’on fait d’mieux en c’moment,
et le roi des cons, sur son trône,
j’parierai pas qu’il est all’mand.

On leur a dit, au mois d’avril,
à la télé, dans les journaux,
de pas se découvrir d’un fil,
que l’printemps c’était pour bientôt,
les vieux principes du seizième siècle,
et les vieilles traditions débiles,
ils les appliquent tous à la lettre,
y m’font pitié ces imbéciles.

Ils se souviennent, au mois de mai,
d’un sang qui coula rouge et noir,
d’une révolution manquée
qui faillit renverser l’Histoire,
j’me souviens surtout d’ces moutons,
effrayés par la Liberté,
s’en allant voter par millions
pour l’ordre et la sécurité.

Ils commémorent au mois de juin
un débarquement d’Normandie,
ils pensent au brave soldat ricain
qu’est v’nu se faire tuer loin d’chez lui,
ils oublient qu’à l’abri des bombes,
les Francais criaient « Vive Pétain »,
qu’ils étaient bien planqués à Londres,
qu’y avait pas beaucoup d’Jean Moulin.

Etre né sous l’signe de l’hexagone,
c’est pas la gloire, en vérité,
et le roi des cons, sur son trône,
me dites pas qu’il est portugais.

Ils font la fête au mois d’juillet,
en souv’nir d’une révolution,
qui n’a jamais éliminé
la misère et l’exploitation,
ils s’abreuvent de bals populaires,
d’feux d’artifice et de flonflons,
ils pensent oublier dans la bière
qu’ils sont gourvernés comme des pions.

Au mois d’août c’est la liberté,
après une longue année d’usine,
ils crient : « Vive les congés payés »,
ils oublient un peu la machine,
en Espagne, en Grèce ou en France,
ils vont polluer toutes les plages,
et par leur unique présence,
abîmer tous les paysages.

Lorsqu’en septembre on assassine,
un peuple et une liberté,
au cœur de l’Amérique latine,
ils sont pas nombreux à gueuler,
un ambassadeur se ramène,
bras ouverts il est accueilli,
le fascisme c’est la gangrène
à Santiago comme à Paris.

Etre né sous l’signe de l’hexagone,
c’est vraiment pas une sinécure,
et le roi des cons, sur son trône,
il est français, ça j’en suis sûr.

Finies les vendanges en octobre,
le raisin fermente en tonneaux,
ils sont très fiers de leurs vignobles,
leurs « Côtes-du-Rhône » et leurs « Bordeaux »,
ils exportent le sang de la terre
un peu partout à l’étranger,
leur pinard et leur camenbert
c’est leur seule gloire à ces tarrés.

En Novembre, au salon d’l’auto,
ils vont admirer par milliers
l’dernier modèle de chez Peugeot,
qu’ils pourront jamais se payer,
la bagnole, la télé, l’tiercé,
c’est l’opium du peuple de France,
lui supprimer c’est le tuer,
c’est une drogue à accoutumance.

En décembre c’est l’apothéose,
la grande bouffe et les p’tits cadeaux,
ils sont toujours aussi moroses,
mais y a d’la joie dans les ghettos,
la Terre peut s’arrêter d’tourner,
ils rat’ront pas leur réveillon;
moi j’voudrais tous les voir crever,
étouffés de dinde aux marrons.

 

Etre né sous l’signe de l’hexagone,
on peut pas dire qu’ca soit bandant
si l’roi des cons perdait son trône,
y aurait 50 millions de prétendants.

 

Et dire qu’on est déjà 15.000.000 de plus...


PSsst : Une fin de chanson qui pourrait d’ailleurs être une bonne petite intro pour cette période de Noël et ce qu’elle m’évoque.

Bon, je sors. comment ça c’est chez moi?

Interlude léger en Ut mineur

26 Nov

 

Pendant ce temps-là en Germanie:

Sur un coup de folie je me suis fait couper 20cm des 30cm raides et ennuyeux à mourir que j’avais sur la tête depuis trop longtemps et ça fait du bien.

ça doit être dans l’air, en ce moment je me débarrasse de tas de choses inutiles. J’aime ce sentiment de faire du vide et de ne garder que l’essentiel, de ne pas avoir des tas de choses ‘mortes’ ou dont on ne connait même plus l’existence.

Il fait beau, ok quand il ne fait pas nuit. De nouvelles virées photos s’annoncent et ce sentiment de printemps en automne réchauffe autant que le vin chaud des marchés de Noël que je ne veux plus pas visiter.

Ce soir c’est ciné et salsa.

Et entre temps je lis ça:

Ce qui,notamment, raccourcit profondément les allées et venues en transports publics et transforme tout autre moment quelconque en une échappée curieuse, dramatique et intrigante.

Que demande le peuple?

Perso, moi, rien.

Ce dimanche

24 Nov

de Novembre, donc, au temps clément bon il ne pleuvait pas disons et étonnement doux, je suis allée me promener dans un quartier où je vais rarement: Prenzlauer Berg.

Bon, il se lit des tas de choses sur ce quartier et au fond il suffit à chacun de se pencher un peu sur le sujet. Mais je fais un effort : En gros, P’Berg pour les intimes, c’est donc le quartier ex-alternatif sur lequel beaucoup de jeunes se sont jetés après la chute du mur. Squats, artistes et consorts s’en donnaient donc à coeur joie et la vie était belle et rock n’ roll. 20 ans après, les rénovations à tire-larigot* (minute culturelle en bas du post) karcherisent l’authenticité des rues, les lounges trendy fleurissent et se reproduisent autant que les jeunes couples qui vieillissent doucement mais sûrement – le quartier est sensé avoir le taux de natalité le plus élevé d’Europe – un Ben & Jerry s’est frayé un chemin sur l’une des rues les plus convoitées, il ne manque plus qu’un starbucks à côté, ce qui bizarrement, semble tarder. Les gens s’uniformisent, la boboïsation est en route et les gros 4×4 de ville me demandez pas comment on les nomme, je n’ai pas de voiture, n’en veux pas et n’y connait rien très utiles à Berlin, ville plate devant l’éternel, envahissent peu à peu le bord des rues. Ceci dit, ils commencent aussi à brûler de temps en temps, preuve de l’exaspération ressentie face à la métamorphose d’un quartier par certains qui entament une sorte de révolution pour faire fuir les responsables, ainsi trop facilement identifiables et franchement, ce n’est pas une mauvaise idée…

J’essaye de prendre le temps le plus souvent possible pour partir photographier et collectionner des impressions de la ville, quelles qu’elles soient, où que ce soit. J’aime flâner à la recherche de détails, de couleurs, de scènes de vies ici et là, autour de chez moi et un peu plus loin. Ce dimanche donc, ce fut le tour de ce quartier, qui malgré tout, au détour de certains cafés, certaines rues et aussi, du fameux marché aux puces institution allemande! du Mauerpark, le dimanche, conserve quelque chose d’intéressant, de touchant et d’agréable, de Berlin finalement. J’aime cette ambiance, ces gens qui sont à mille milles du chic et bling bling que l’on peut trouver ailleurs, la simplicité, les différences, les gens qui chinent, un vin chaud ou une bierre à la main pour ne pas oublier qu’on est en Allemagne

Dimanche, le temps était doux. Mais il n’était pas le seul. Il y avait quelque chose dans l’air de bienfaisant. De ces ambiances inexplicables qui font que l’on se sent bien, exactement où l’on est, dans la ville, dans la vie. Ces moments qui me rappellent que je vis théoriquement « à l’étranger » alors que tout semble naturel et simple, si bien que cet étranger est bel et bien devenu « chez moi » et que je me délecte de ses petits bonheurs.

Née dès la fin du XVe siècle de l’association du verbe « tirer » (sortir un liquide de son contenant), et du nom « larigot », sorte de petite flûte, cette expression était à l’époque principalement associée au verbe « boire ». « Boire à tire larigot » était donc pour les buveurs une incitation à faire sortir le vin des bouteilles comme on faisait sortir le son de l’instrument.

PSsst > Marché au puces de Mauerpark  > bernauer straße 63-64, 13355 Berlin

Il y a…

23 Nov

un endroit étrange à Berlin plus d’un même, je vous l’accorde mais ceci est un autre propos.

Une station de métro tout le temps bondée, peuplée d’un mélange d’humains diverses composé principalement de  touristes et de chômeurs.

Bizarre vous me dites…oui et non, à la sortie tu choisis enfin presque… direction l’ancien point de contrôle entre Est et Ouest, nom de code Check point Charlie, qui évoque aujourd’hui plutôt Disney Land avec sa baraque en bois et un ou deux pinguins probablement sous payés habillés en soldats pour se faire photographier et/ou distribuer des tampons « comme avant » sans oublier l’infini défilé des gens qui se font photographier sous le panneau historique…

 

de l’autre côté de la rue, c’est plutôt direction notre amie ou pas l’ANPE locale. Arbeitsamt pour les intimes allemands et germanophones en l’occurence

Moins fun, ça c’est sûr.

Il est donc assez simple, fondu dans la foule, de dissocier les touristes, bruyants, curieux, le pas léger, qui cherchent à communier avec l’histoire où faire les malins et se prendre un starbucks au chaud après de ceux qui, silencieux, regardent le sol et se dirigent vers le temple gris du non emploi. Ce mélange me saute toujours aux yeux et donne une ambiance assez encore plus grise à l’endroit…

Inutile de préciser, vivant depuis près de 5ans à Berlin, vers quelle institution je me dirigeais…

Enfin, toutes les bonnes choses ont une fin, il ne me reste plus que quelques petites choses à règler dans ce coin là notamment me mettre à oilp devant l’état allemand, champion du monde en paperasse administrative avant de reprendre le chemin du travail et donner un vrai sens à mon virage à 90° niveau parcours professionnel.

Quoi qu’il en soit, non, rien de rien, je ne regrette RIEN!

Pour ceux que ça intéresse, si vous en veniez à vous balader par là*, je vous conseille de prévoir, oh 10 minutes dans le coin, si vraiment vous voulez voir cet endroit. Sachez que sinon, il n’y a là pas grand chose, à part beaucoup de gens qui piétinent et un musée du mur overrated…

* Métro U6 Kochstrasse > Friedrichstraße 43-45 10969 Berlin-Kreuzberg

La vie par ici

18 Nov

Pour ceux qui débarquent par ici en ayant googlé « Berlin sortir que faire » ou « il y a-t-il des groupes allemands sympas.. » et ouivoici 2 découvertes (bon pour la musique c’est loin d’être un scoop on est d’accord…)

Vodpod videos no longer available.

 Et pour boire un verre ou bien manger en passant une bonne soirée, ze place to eat in Torstrastr.

 

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