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Il y a 5 ans

7 Déc

 

J’étais passée par la case ‘retour chez les parents’ pour écrire un mémoire de fin d’études après avoir terminé mes 4 années d’études, dont 2 x 8 mois à l’étranger non sans être partie 1 an avant visiter l’oncle Sam.

Il était temps. De rendre le fameux papier. De faire le grand saut dans la vie active tant attendue et surtout l’heure de quitter définitvement le nid famillial au plus vite quand on goute à l’indépendance, difficile de revenir en arrière…

Armée de mon CV j’étais allée dans le froid et sous la pluie faire le tour des agences interim de la deuxième ville de France ou troisième selon d’où vous venez  à défaut d’avoir trouvé quelque chose d’intéressant au niveau des offres d’emplois sur l’internet mondial. Après un festival d’agences et de propositions de jobs sous payés en call center ah quoi bon parler 3 langues et faire des études supérieures je vous le demande je me suis retrouvée sur le trottoir, perplexe:

et maintenant?

Puis mon téléphone sonne. Un inconnu s’adresse à moi en allemand et je ne comprends finalement que peu de choses sous le choc. Berlin – travailler – entretien – vous pouvez y aller avec votre CV, il y a 80% de chance que vous soyez prise.

J’ai bafouillé un merci puis-je vous rappeler dans l’heure?

Je savais. Tout de suite. Presque hystérique. « Berlin – travailler » ça suffisait. Besoin de rien de plus. Je savais que j’allais que je devais dire oui, c’était un signe trop beau pour le croire. J’avais essayé en vain d’atterrir à Berlin plus d’un an avant pour y vivre et travailler et j’avais depuis lors envoyé des candidatures plus ou moins formelles un peu au hasard des ondes binaires et plus ou moins oublié.

Ce jour-là on m’a appelé et 10 min après j’ai dit oui! dans une semaine je suis là.

Il y a cinq ans, j’ai terminé et imprimé  illico presto mon mémoire en quelques jours et l’ai rendu la veille de mon départ.

Aller simple pour Berlin.

J’ai fait mon sac à dos besoin de rien de plus, un goût de liberté totale embrassé mes parents et je suis partie.

Je m’étais dit qu’au pire, si ça foirait, je resterai quelques semaines histoire de mieux connaitre la ville – qui hébergeait déjà depuis un moment mon amie M.

Berlin. Je n’y avais passé que 3 jours des années auparavant et cette ville m’avait soufflé dans son vent gelé et pas très accueillant si tu peux vivre et travailler ici, tu reviendras…

Il y a cinq ans j’atterrissais à Berlin – Schönefeld pour une durée indeterminée avec mon manteau trop fin, mes chaussures trop fines, sans gant, mon sac à dos et c’était le bonheur – le froid aussi – et la nuit tiens – mais le bonheur.

Pensée à toi M. pour l’accueil et les milliers de moments passés avec toi et rottkäpchen mais pas que!

culture choc & Co

3 Déc

 

La scène s’est déroulée et se déroule encore de temps en temps à Berlin, que je travaille en open space pour une boîte e-business, dans le monde des galeries ou avec des enfants vive la diversité… , ou que je boive un café avec un(e) ami(e) allemand(e)..

En arrivant le matin gaiement ou presque:

un(e) allemand(e): Tiens bonjour, mais qu’est ce qu’il t’arrive? Tu es malade?

moi: non non, j’ai peut-être pas assez dormi je ne sais pas ça va merci!

~~~~~~~~~~~

En entrant dans une salle pour un meeting:

un(e) allemand(e): Oh tu es malade?

Moi: non, je ne suis pas malade faut croire que j’ai vraiment une sale gueule aujourd’hui

~~~~~~~~~~~

Pause café:

un(e) allemand(e): non?! toi aussi tu es malade?

Moi: Mais enfin, non! tout va bien qu’est ce qu’ils ont tous aujourd’hui?

~~~~~~~~~~~

Longtemps, j’ai répondu ‘non non, pas de souci’ à l’éternelle question. La personne en face ne savait plus trop quoi dire, il y avait comme un blanc, puis chacun retournait à sa place en touillant son café dans un grand moment de solitude.

Jusqu’au jour où j’ai répondu « non je suis ne PAS malade mais à en croire le nombre de personnes qui m’ont demandé aujourd’hui, je dois vraiment avoir une sale gueule ! »

Et la collègue en face de moi de répondre « mais enfin, tu as un foulard autour du cou! »

oh!

Autant dire que tout s’est éclairé et que depuis, j’ y vais parfois en vain de ma petite private joke « non je ne suis pas malade mais cette fois je sais pourquoi tu demandes, je suis juste française » pour repartir souvent bredouille, un bide de plus à mon actif devant les yeux ronds de mes interlocuteurs, mais une petite satisfaction: celle d’avoir compris pourquoi on me demandait perpetuellement je porte très souvent quelque chose autour du cou à défaut de faire passer mon non style pour un exemple quelconque du je ne sais quoi français et aussi de ne pas avoir une si sale gueule que ça sûrement!

PSssst: Merci à Garance  pour l’autorisation d’utilisation de sa belle illustration

Il y a…

23 Nov

un endroit étrange à Berlin plus d’un même, je vous l’accorde mais ceci est un autre propos.

Une station de métro tout le temps bondée, peuplée d’un mélange d’humains diverses composé principalement de  touristes et de chômeurs.

Bizarre vous me dites…oui et non, à la sortie tu choisis enfin presque… direction l’ancien point de contrôle entre Est et Ouest, nom de code Check point Charlie, qui évoque aujourd’hui plutôt Disney Land avec sa baraque en bois et un ou deux pinguins probablement sous payés habillés en soldats pour se faire photographier et/ou distribuer des tampons « comme avant » sans oublier l’infini défilé des gens qui se font photographier sous le panneau historique…

 

de l’autre côté de la rue, c’est plutôt direction notre amie ou pas l’ANPE locale. Arbeitsamt pour les intimes allemands et germanophones en l’occurence

Moins fun, ça c’est sûr.

Il est donc assez simple, fondu dans la foule, de dissocier les touristes, bruyants, curieux, le pas léger, qui cherchent à communier avec l’histoire où faire les malins et se prendre un starbucks au chaud après de ceux qui, silencieux, regardent le sol et se dirigent vers le temple gris du non emploi. Ce mélange me saute toujours aux yeux et donne une ambiance assez encore plus grise à l’endroit…

Inutile de préciser, vivant depuis près de 5ans à Berlin, vers quelle institution je me dirigeais…

Enfin, toutes les bonnes choses ont une fin, il ne me reste plus que quelques petites choses à règler dans ce coin là notamment me mettre à oilp devant l’état allemand, champion du monde en paperasse administrative avant de reprendre le chemin du travail et donner un vrai sens à mon virage à 90° niveau parcours professionnel.

Quoi qu’il en soit, non, rien de rien, je ne regrette RIEN!

Pour ceux que ça intéresse, si vous en veniez à vous balader par là*, je vous conseille de prévoir, oh 10 minutes dans le coin, si vraiment vous voulez voir cet endroit. Sachez que sinon, il n’y a là pas grand chose, à part beaucoup de gens qui piétinent et un musée du mur overrated…

* Métro U6 Kochstrasse > Friedrichstraße 43-45 10969 Berlin-Kreuzberg

Hors sujet

16 Juin

Je me suis demandée si j’allais transformer ce blog décousu, survivant péniblement sans ligne éditoriale précise en blog « mon nouveau métier avec des enfants », car il est sûr qu’il y a plus à dire que sur mes ex- métiers de geeks, puis je me dis que ça ne ferait qu’un blog de plus avec un semblant de concept un peu trop banal…

Soit.

Aujourd’hui je ne résiste pas à deux remarques sans aucun rapport ou presque avec la choucroute d’avant ni de l’une avec l’autre:

  • Lorsqu’un môme de 5 ans se plaît à affirmer très sérieusement comme le plus commun des lieux que « les femmes sont faibles », on se demande si on peut encore faire quelque chose et avoir une once d’espoir ou si l’on doit abandonner… sachant que cette affirmation ne sortait pas d’un jeu anodin mais bien du travail d’éducation de son cher père
  • Dans les sims 3, pour faire carrière et devenir Manager il ne faut aucune capacité intellectuelle, psychologique ou manuelle.

CQFD

Esc

21 Avr

J’ai un petit air qui me trotte dans la tête depuis un moment..celui d’une très vieille pub ou un pauvre employé lambda gagnait au loto pour devenir riche du coup, et se déguisait pour aller saluer son PDG en chantant gaiement « Au revoir Au revoir président! »

Quelle douce musique…!

Point de gain au loto il n’y a de mon côté et je n’irai très probablement pas saluer le PDG sur son trône britannique mais ça y est, s’en est assez, adieu veau, vache, cochon, couvée…pinguins, PC… L’ère du cloud computing n’aura pas ma peau et je m’en vais, telle Pérette ou Miossec loin de l’absurdité du monde de l’entreprise, loin de l’hérésie IT et des heures, qui tuaient parfois, à coup de pourquoi…

Certains passent des années à rêver de changement et ne font pas le pas, de mon côté, j’en ai fait beaucoup des pas, dans toutes les directions et espère que celui-ci sera le bon. Geek je resterai mais pour le plaisir et ça sera d’une douceur…!  Pour le reste on verra, mais le goût de la liberté est exquis.

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