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Crime scene – Do not trespass

13 Jan

Ce matin, en sortant de chez moi, guillerette ou presque pour me rendre au fameux café d’en bas , à peine passé la grille qui sépare la cour de mon immeuble et la rue, aperçois-je un camion de pompier tout gyrophares dehors, grande échelle, une dizaine de pompiers, autant de flics, des passants interloqués etc. A droite: une portion de ‘mon’ trottoir interdite à la circulation et pas mal de gens, de l’autre côté de la rue, regardant en l’air et pointant du doigt vers le toit de l’immeuble.

J’ai eu comme un frisson d’appréhension, après m’être assurée qu’il ne s’agissait pas d’un énième tournage de film ou de publicité pourrie,  – mais aussi légèrement influencée par mon monde parfois un peu perché par les idées noires d’un roman de Nick Horby – dont je parlais ce matin, en priant le dieu auquel je ne crois pas pour que personne ne soit debout sur le toit dans l’idée de vouloir faire le grand saut.

Il n’a heureusement fallu que quelques minutes de plus pour analyser objectivement la situation et se rendre compte, en respirant un grand coup et levant les yeux doucement, de la menace qui pesait sur cette scène incongrue : des énormes stalactites de glace décoraient, ma foi plutôt joliment, toute la bordure du toit et auraient éventuellement pu, en cas de ‘pas-de-bol-du-tout-dans-la-vie’ embrocher le quidam germanophone…

Grâce à une petite action furtive mettant en scène un allemand qui a bravé le ruban en plastique menaçant qui délimitait la zone interdite fin du mythe « les allemands respectent toujours les règles » sous vos applaudissements, j’ai cru comprendre que l’exagération des médias en termes de neige et d’hiver cette année qui semblent vouloir surpasser le thème de la grippe A soit dit en passant, n’exaspère pas que moi.
Cet homme d’un certain âge, repris en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, par les policiers sur le qui-vive, leur a lancé agressivement « c’est pas votre putain de neige qui va m’empêcher de marcher sur le trottoir! »

CQFD

C’est d’saison ma bonne dame

9 Jan

Comme quoi, c’est tout à fait jouable de se promener dehors par -5, même si je n’aurais jamais cru dire ça un jour.
(…)

J’aime ces moments de calme qui précèdent la supposée tempête…

Photos@MademoiselleK

aqua simplex

6 Jan

Après 1 an et une tentative manquée, toutes les conditions ont enfin été réunies pas de boulot- hiver- froid -motivation etc. pour mettre les pieds au Liquidrom.

quèsaco?

C’est une sorte de complexe spa-sauna-hammam de pointe au coeur du Tempodrom

Eau chaude salée, musique sous-marine, design et volupté.

Tout ce qui est sauna et piscine n’a jamais vraiment été mon truc il faut dire, mais j’étais assez curieuse l’hiver à eu raison de moi de ce concept de musique sous-marine et je dois dire que c’était bien agréable. L’eau salée ajoute à l’effet d’apesanteur, on flotte et se laisse porter agréablement, les oreilles dans l’eau les yeux fermés pour se transporter ailleurs.

Le 1er détail qui m’a un peu dérangée ceci dit, c’est le nombre de gens qui semble prendre tout ça trèèès au sérieux: je te pousse dans l’eau, pince-nez, position fœtale et surtout pas de sourire, concentration absolue pour atteindre un nirvana de détente etc…C’est peut-être tout simplement un état d’oubli ou de détente que je n’arrive pas à atteindre de cette façon. J’ai plus envie de rire et jouer dans l’eau dans ces cas là qui a dit puéril?, et/ou je ne suis tout simplement pas stressée je ne m’en plains pas le moins du monde on est d’accord et n’éprouve donc pas vraiment le besoin d’anesthésier mes neurones…

Le 2ème détail, Allemagne ou Sauna oblige: les gens à poils.

Oui, c’est naturel tout ça, mais je suis plus adepte du tous à poils ou tous habillés.
Le Liquidrom mélange un peu les styles. La majorité des gens qui profitent du sauna sont nus comme des vers et c’est bien leur droit évidemment. Sachant que le sauna en question est une sorte de cube en verre donnant sur l’espace extérieur, le bar et les rangés de chaises longues de la terrasse et derrière la baie vitrée… Boire un verre ou profiter du bassin d’eau chaude dehors en pouvant admirer des gens assis à poils qui ont l’air de s’ennuyer au plus haut point en attendant je ne sais quoi, donne un petit air d’Amsterdam un peu décalé et étrange.
Nb: Ceux qui profitent du bassin principal doivent porter un maillot de bain en revanche…

Ce cocon en plein hiver et la sensation de peser 100kg lorsque l’on sort du bassin « musical » sont cependant plutôt très agréables.

Quelques conseils:

  • Préférer les matinées en semaine pour éviter le trop plein.
  • Prévoir un change. Si comme moi vous êtes absolument pas habitués à ce genre de lieux et que vous arrivez déjà en maillot sans avoir pensé à emmener des sous-vêtements pour la sortie et que vous devez donc enfiler les 3 pulls et le pantalon de rigueur hivernale sans sous-vêtement aucun, en priant pour ne pas se faire cataloguer une fois de plus et sans raison comme une française libertine…
  • A tester le vendredi à partir de 19h, apéro, musique live et ambiance bougies

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PSsst:
Liquidrom – Möckernstaße 10 – 10963 Berlin
Transport : Métro U7 – Möckernbrücke

un jour ailleurs, quoique

3 Jan
  • Une bonne petite soirée bien agréable pour le réveillon.
  • Un 1er janvier sous la couette à regarder des films et la neige dehors en compagnie d’un bon thé chaud.
  • Retour dans la vraie vie le 2 janvier pour une double exposition photo (dire triple serait exagéré vu le contenu/thème de la 3ème et puis on a dit retour à la vraie vie non mais!

     

    J’aime le C/O Berlin.

    Plus pompeusement nommé International Forum for Visual Dialogues. Inauguré en 2000, dans les anciens locaux de la Poste Impériale, Oranienburger Str., Mitte, il présente une quinzaine d’expositions de photographes de renommée internationale chaque année : Annie Leibovitz, Martin Parr, James Nachtwey, LaChapelle, Pierre & Gilles, Anton Corbjin, Bettina Rheims, Karl Lagerfeld, Nan Goldin etc.

    J’aime cet endroit, non seulement pour la qualité des expositions qu’il présente mais aussi pour le lieu lui même, ces murs décrépits, son vieil escalier, sa salle de sport d’antan…un des nombreux endroits berlinois qui s’improvisent musées en gardant un caractère particulier, un goût de passé nostalgique qui s’accorde avec chaque exposition à sa façon.

    En ce début d’année, c’est Don McCullin qui s’y colle avec The Impossible Peace et il ne croit pas si bien dire. Reconnu comme l’un des plus grands photographes de guerre, il se consacre aujourd’hui à l’art du paysage et de la nature morte. Comme on le comprend… L’exposition présente de nombreuses photographies de guerre mais aussi des scènes de vie Irlandaises et les fameuses photos de paysages auxquels il se dévoue désormais.
    Il y a une certaine normalité perversité à trouver ces photographies de paysages plutôt banales comparées à toutes ses photographies de violence en tout genre je trouve…

    Ses photos – une séries homogène en noir et blanc – de la haine et de la misère humaines où que ce soit – Afrique, Asie et Proche Orient – et à travers les époques, de 1958 à 2008, sont un peu les témoins tristes d’un monde qui change pas si peu. Et les questions qui agressent lors de chaque exposition de photojournalisme. Pourquoi aller voir se genre de photos? Comment peut-on faire de telles photographies? Est-ce qu’on peut en vouloir à une visiteuse qui ne peut s’empêcher de lancer un « Jesus Christ! » oui il y a beaucoup de touristes à Berlin.. à la vue d’une photo d’une certaine violence, simplement car on pense que ce que l’on voit, dans toute son atrocité, est loin d’être une surprise.
    Et après? Que faire pour changer tout ça? Marcher dans la neige et tomber en plein Hackescher Markt et son trop plein consumériste et bourgeois n’est  pas la chose à faire, croyez-moi…

    La deuxième exposition, The places we live – le site est très bien fait, je le recommande -, est un voyage au coeur des bidonvilles de Nairobi, Jakarta, Caracas et Mumbai. Entre 2005 et 2007, Jonas Bendiksen a exploré ces lieux à la rencontre des habitants, de leurs familles. Il a photographié leur maison de fortune et écouté leurs histoires. L’exposition transporte dans un dédale de petites rues illuminées de lampions et débouchant sur différentes cases. Les photographies de ces habitations sont projetées sur les murs des cases visitées tandis que leur habitants nos content leur vie. J’ai trouvé cette partie de l’exposition même si loin d’être plus optimiste très réussie, presque trop poétique pour refléter la situation de ces hommes et femmes. Mais il y avait dans leurs voix, certains témoignages et leurs rires parfois, une aspiration sans condition à la vie et à l’espoir qui impose un immense respect.

 

Une exposition essentielle dont on sort un peu sonné, triste et marqué par la rencontre d’un art vérité. Et par les centaines de questions qu’il évoque.

J’aimerais simplement détenir quelques réponses…

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PSssst:

Le C/O propose des ateliers découverte – photographie, art, design – pour enfants qui ont l’air vraiment sympatiques les ateliers, les enfants, je ne sais pas…
Le Rodéo Club malgré le nom kitsch est également un lieu hors du commun situé dans la coupole de cet ancien bâtiment

Tout ça, là:

C/O Berlin
Postfuhramt
Oranienburger Straße 35/36
10117 Berlin

Le billet de la fin

31 Déc

On y est. Les feux d’artifices improvisés raisonnent déjà dans les rues, un peu étouffés par la neige qui a bien recouvert la ville…

Un plan élaboré hier dans les moindres détails en 3 min. Un repas tranquille qui a bien failli tomber à l’eau et se transformer en pizza surgelée pour 4 pour cause de fermeture des halles à 14h quand on se pointe à 13h45 c’est sport.

2009, c’est vraiment déjà terminé?

Aucune résolution mais quel bilan…

Niveau mondialesque:
Un petit feu d’artifices  pour l’occasion symbole parmi tant d’autres hautement déprimant de l’absurdité et l’hérésie totale du monde dans lequel on vit politique, écologie, humain you name it et de la décenie passée et à venir si rien ne change et c’est mal parti.
S’il vous arrive de vomir sans réelle cause en cette saint Sylvestre, en voici une ne me remerciez pas c’est de bon cœur

Niveau nombrilesque:
pour faire dans le moins glauque on va dire…5 ans révolus et heureux à Berlin – Plus de job inutile et  dénué de sens bon plus de job tout court mais plus pour longtemps – une voie trouvée, à presque 30 piges c’est pas si mal non? – un grand projet de ceux qui changent vraiment la vie – un voyage magnifique à Cuba – 2 virées en France – Des tonnes de photos – des tonnes de films – un peu moins de bouquins dommage – une télé et pas mal d’autres choses inutiles supprimées dont un compte twitter tiens…que sais-je encore…

Finalement, si je ne regarde que mon propre nombril, 2010 s’annonce comme 2009 s’est déroulée, plutôt pas mal…et je vous en souhaite au moins autant!

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